Voile, tchador, burqa & Co.

Publié le par Petra

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Bon. Maintenant que j’ai patiemment écouté tout le monde sur le sujet du voile, le tchador, la burqa et d’autres vêtements féminins de tradition musulmane, et après avoir entendu le vœu de beaucoup des gens en France de voir ces habits interdits, j’éprouve le désir d’exprimer mes réflexions très personnelles quant à cette problématique.


Les arguments prédominants pour une interdiction semblent être le souci contre la discrimination de la femme et tout ce qui va avec, c’est-à-dire toute violence faite aux femmes, et deuxièmement le souci pour la laïcité.



La violence faite aux femmes



Je ne nie aucunement que la violence faite aux femmes existe ; et évidemment, je suis contre. Je ne nie pas non plus, qu’il y a des femmes, auxquelles on impose de porter un voile, un tchador etc. et que, si elles avaient le choix, elles ne le porteraient point. Naturellement je suis contre de telles contraintes. Je pense que nous devons soutenir toute être humain qui souhaite se libérer de toute sorte d’oppression.



Ceci dit, je ne suis pas du tout d’accord avec l’interdiction de ces habits, car il existe bien aussi beaucoup de femmes, qui souhaitent, de leur propre volonté, s’habiller de telle manière. Libérer la femme, c’est aussi, lui permettre de s’habiller comme elle l’entend.


Je trouve d’ailleurs curieux, que ce débat ne se rapporte jamais sur les habits des hommes, mais toujours sur ceux des femmes. Personne ne rêve d’interdire certains vêtements aux hommes. Pour moi, cela signifie que nous, les femmes, sommes toujours bien à l’écart.



Je suis aussi sidérée par la facilité avec laquelle on juge tout ce qui vient d’ailleurs beaucoup plus sévèrement que nos propres habitudes et symboles. Il est facile de catégoriser la femme musulmane systématiquement comme soumise, car c’est tellement et pourtant faussement plus visible parce qu’étrange. Je suis horrifiée de la légèreté avec laquelle on met tous les musulmans dans le même panier, sans même se donner la peine de s’intéresser à la richesse et à la variété de leurs coutumes (et costumes).



J’aimerais aussi parler un peu de la violence faite aux femmes en France. Et il y’en a ! Malgré les lois qui existent, car cela se passe toujours sous le silence et non seulement dans le milieu dont je vais parler ici.



Bien que je ne connaisse pas très bien ce milieu d‘expérience propre, je pense que le monde de la prostitution peut être décrit comme un des environnements des plus hostiles aux femmes (bien qu‘il y a aussi des hommes qui sont contraints à se prostituer).


Dans la relation entre proxénète et pute, c’est clairement la femme qui est soumise, maltraitée, violée sans relâche. Le maquereau fait la loi. Il dicte entre autre, comment sa pute doit s’habiller, se maquiller. Les vêtements les plus fréquents de la pute sont les mini jupes, chaussures à haut talon, maquillage lourd, etc.


Songe-qui que ce soit, à interdire ces vêtements-là aux femmes ? Car il y en a pas mal qui s’habillent de cette façon sans être pute, ni soumise. C’est clair, parce que c’est de notre propre culture. Quand cela nous concerne, nous sommes bien capables de voir les nuances. Pourtant, on pourrait voir ces habits-là aussi comme un symbole…


Non, je ne suis pas non plus pour une interdiction de la mini-jupe, ne me comprenez pas mal. Nous avons acquis le droit de nous habiller comme ça, et cela n’est aucunement une invitation au viol, ni à d’autres violences.


Je pense seulement que nous devrions donc laisser le libre choix aussi à nos sœurs venant d’autres cultures, et leur accorder notre confiance en leur propre capacité de se libérer, quand c’est nécessaire. Elles savent, tout comme nous, mener une lutte et nous mettre au courant pour demander notre solidarité. Je n’ai encore jamais refusé la mienne.

 



La laïcité



Bien souvent j’ai l’impression que la laïcité est devenue un outil pour complètement refouler la diversité et la complexité des diverses croyances. Une seule croyance semble dorénavant acceptable : l’athéisme. Ben oui, l’athéisme, pour moi, est une croyance comme une autre !


Là non plus, je ne vois pas l’utilité d’interdire les symboles. Une croix n’est pas l’inquisition, une étoile David pas l’horreur fait aux palestiniens etc. Un symbole n’est pas la chose et ne se réfère pas non plus à une seule chose d‘une seule manière.


Un symbole qui rencontre un autre symbole peut inviter à l’échange et au partage, comme il peut aussi constituer un mur, une séparation. A nous de porter un regard critique sur nos propres sentiments et comportements.


Si la laïcité se veut comme un outil pour uniformiser le monde, ben, je n’en veux pas, merci. Je vis à Bordeaux, dans le quartier Saint Michel, et mes yeux se régalent chaque jour de la diversité ethnique, culturelle et réligieuse de ce quartier. J’aimerais bien, que ça puisse durer encore un moment.



A mon avis, ce n’est pas par l’interdiction de symboles ou de costumes que l’on va abolir l’oppression et la violence, ni induire l'ouverture d'esprit. Bien au contraire.

 



Non, je ne suis pas musulmane. Je suis, si cela semble important pour pouvoir me cataloguer, juive athée allemande anarchiste (pas forcément dans cet ordre, ni nécessairement pour le restant de ma vie). Mais avant tout, je suis un être vivant de la planète terre. Je ne porte ni voile, ni mini-jupe. En été je suis pour la plupart de mon libre temps… à poil. Voilà.


PS : si cet article semble en contradiction avec mon article « aux vents », c’est qu’il faut que je précise que l’article « aux vents » parle de ma propre expérience et de mes sentiments personnels et subjectifs, et qu'il ne se veut en aucun cas comme un pamphlet prosélyte. En outre, j'observe mes propres contradictions et j'essaie de les utiliser de manière à mieux comprendre le phénomène du paradoxe.

Publié dans Anarchisme

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ppm00 29/12/2009 13:51


Je suis un peu moins pessimiste, pour moi les malades de l'argent sont en souffrance, et ils n'existent que parceque tout le monde veut de ce bon argent. Cette pyramide dont tu parles, ne sommes
nous pas dedans à pédaler malgré tout ?
Si nous allions tous dans les champs cultiver et marcher à pied les puissants malades fuieraient coffres forts inutiles rempli d'or à l'effigie du Reich ou du remplaçant et viendraient nous mendier
une miche de pain.
Elle est là la révolution non violente : sortir nous-même de cette secte d'esclave de l'argent, boycotter la consommation, utiliser nos maigres ressources pour financer notre reconversion, et
militer autour de nous :)


Petra 29/12/2009 14:25



Je l’ai déjà essayé en vivant dans un kibboutz, une société dans laquelle à l’intérieur n’existait à l’époque pas d’argent, ni d’hiérarchie. Le problème était par contre, que vers
l’extérieur le kibboutz fonctionnait comme une entreprise qui vend ses produits et en achète d’autres avec de l’argent. Entretemps cette pourriture est arrivée jusqu’à l’intérieur des Kibboutz.
Maintenant ils reçoivent des salaires « mérités », doivent payer pour tout etc. J’ai observé aussi d’autres communautés alternatives et j’ai vu qu’ils ne durent pas. Il n’y a plus de place où
aller pour vivre librement, sans se froisser aux propriétaires qui n’hésitent pas de te chasser de leurs propriétés. Pour construire une communauté nouvelle il faut d’abord acheter un terrain.
Quand on achète un terrain, il faut ensuite payer des taxes et ainsi de suite. Une minorité reste toujours coincée dans ce système, et nous sommes une minuscule minorité… Par contre, nous sommes
la majorité à crever sous ce système. Il faudrait que cette majorité prenne réellement conscience du problème. Alors oui, je milite pour cela, mais toutefois sans beaucoup d’espoir. Depuis que ça
dure… Des gens comme toi et moi ont toujours existé et milité.



ppm00 29/12/2009 10:31


J'aime bien ta réponse. Je ne suis pas du tout sioniste dans le sens où je pense que l'état d'Israel est une erreur. Et le peuple juif a "toujours" squatté à gauche à droite sans domicile fixe et
avec bonheur, y compris dans les pays arabes (soit-disant ennemis jurés au moyen orient).
De plus j'adhère à la thèse soutenue par les théologiens modernes (et autrefois par David Ben Gourion lui même) que le peuple juif n'a pas été chassé de la terre sainte.
Il n'y a pas de vérité historique à cette "ventilation" du peuple fuif.
Par contre, les habitants de la Judée (les actuels palestiniens) sont les mêmes qu'il y a 2000 ans qui se sont convertis à l'islam (ironie de l'histoire).
Et les actuels juifs partout dans le monde sont devenus juifs par conversion et par conviction (et tu en es la preuve vivante, ainsi que les juifs noirs, car la conversion au judaïsme est plus
rapide que la conversion à la négritude).
La notion d'état est décidément une aberration politique ... ce qui ne veut pas dire du tout que je suis pour la mondialisation non plus :) Pour moi, les hommes ne sont pas le propriété privée des
états, on a l'impression d'être au moyen-âge où les cerfs appartenaient au seigneur. En plus pour avoir le droit de leur appartenir on doit raquer ... tous des escrocs !


Petra 29/12/2009 13:39



Je suis d’accord avec toi, la mondialisation, ce serait un état pour tous et tous pourris. C’est malheureusement vers où nous semblons évoluer (ou plutôt régresser) pour un
premier temps. J’envisage un monde sans aucun état, avec des communautés en autogestion, libre circulation de chaque personne, abolition de l’argent et du pouvoir. J’ai perdu l’espoir que cela
puisse se faire par une volonté collective suite à une évolution d’ouverture d’esprit. Il me semble maintenant plus probable que cela ne se fasse qu’après un cataclysme qui détruirait la majorité
de l’humanité et son fonctionnement pyramidal actuel. Une grosse partie de nos technologies sera détruite, la communication globale interrompue, les survivants obligés de se retrouver en petites
communautés pour pouvoir survivre. Ce serait la décroissance forcée par la nature. Le système monétaire et capitaliste est contraire à la nature et à la vie, c’est une évidence. Il ne peut amener
qu’au cataclysme faute de clairvoyance de l’humanité. L’argent est une erreur majeure dans notre évolution. L’argent permet de transformer le vivant en réserve morte. On peut, jusqu’à présent,
échanger de l’argent contre de la nourriture. Une personne rusée peut se faire une réserve d’argent qui correspond à plusieurs générations de nourriture pour sa famille. Et c’est là, où cela
devient absurde, car la nature ne nous permet de faire des réserves de nourriture que pour un temps très limité, selon la variété de la nourriture. Une fois la limite de temps dépassée, la
nourriture pourrit et ne vaut plus rien pour l’alimentation. Cependant, comme certains d’entre nous se font d’énormes réserves d’argent qui ne pourrit pas (il est pourri dès le début) car
l’argent n’est pas du vivant, donne la fausse impression que nous pouvons faire de réelles réserves de nourriture. Mais en vérité c’est exactement le contraire qui se produit. Pour faire des
profits, et donc des réserves d’argent il est nécessaire d’exploiter le vivant pour le transformer en argent mort. Ceci nous a amené au pillage des ressources naturelles et donc au gaspillage de
ces ressources. Bientôt on ne pourra plus acheter de la nourriture, peu importe quel somme d’argent on serait prêt à payer. Voilà l’absurdité démontrée rien qu’à l'exemple de la nourriture,
et la nourriture n’est qu’une condition parmi beaucoup d’autres nécessaires à la vie et la survie… Bien sûr, pour les économes et les politiciens cet argument est trop simpliste et ils se barrent
derrière un mur de blabla compliqué, incompréhensible (car absurde), arrogant et cynique. Moi aussi, je me sens impuissante devant tant de merde. Même si je parlais leur language élitaire je
n’arriverais pas à les convaincre, car d’autres l’ont déjà essayé, se sont donné le mal de passer jusqu’au top de leur système d'éducation hiérarchique pour parler du simple sens avec des mots
extravagants. Ca n’a rien donné. Je pense plutôt que le problème est psychologique et profondément ancré dans la peur de la mort. Plus on veut échapper à la mort et plus on échappe à la vie… De
quoi avons-nous peur ? Quelqu’un sait-il ce que c’est, la mort ? Peut-on raisonnablement craindre l’inconnu ?



ppm00 28/12/2009 14:52


Pas mal d'accord avec toi !
Il faudrait aussi interdire les crucifix voyants, les cravates, la kipa, la jellaba, bref il ne resterait que le costume mao (il était pas cool ce mec).
Tu te définis comme "juive athée" ce qui est un peu bizarre car juif est une religion (les derniers à avoir parlé de "race juive" n'étaient pas des gens très cools non plus).
De même on ne peut pas être "juif catholique" ou "juif musulman" mais on peut être juif iranien (je crois même que c'est la première communauté juive dans le monde).
Bon, sinon moi je suis athée, et je porte le chapeau, avec le rabbat pour les oreilles quand il fait froid.

Pour la burqa aussi, il y a des jolies petites beurettes qui la portent en banlieue pour se protéger du viol et des agressions ... et puis l'hiver, ça doit être sympa :)


Petra 29/12/2009 00:30



Oui, ça peut sembler paradoxal, d'être juif athée, mais je suis loin d'être la seule. Bien entendu il n'y a pas de "race juive", puisqu'il n'ya qu'une race humaine. Mais être juif
n’est nullement qu’une religion. Les juifs se définissent comme un peuple, le peuple israélite (non pas forcément israélien, nuance !). J’appartiens à ce peuple par choix, il y ‘en a d’autres qui
y appartiennent dès leur naissance. Dans les deux cas on peut croire à dieu, ne pas y croire ou encore être agnostique. J’ai choisi de demander mon adoption à ce peuple (ma conversion) quand
j’avais tendance à croire en dieu et j’étais à la recherche d’une communauté qui me convienne et, j’y étais reçue. J’ai choisi le judaïsme pour sa structure non hiérarchique. Il n’y pas de chef
(comme le pape et toute la pyramide qui s‘en suit avec cardinaux, évêques etc.), un rabbin n’est pas un chef, mais seulement quelqu’un qui a profondément étudié le judaïsme et il n‘est qu‘un
conseiller. Je l’ai choisi aussi, parce que le peuple juif a prouvé que l’on peut se passer d’un territoire étatique (chose sur laquelle beaucoup d’entre eux sont malheureusement revenu) tout en
menant une vie communautaire. J’ai étudié à ma façon la cabale et c’est là, que j’ai trouvé (et je me trompe peut-être) que la religion juive mène à l’athéisme. Ce serait trop long d’expliquer ce
cheminement, mais ça m’a beaucoup fait rire. Je trouvais que ça ressemble bien à l’humour juif, de construire toute une religion avec des rites très complexes et encombrants rien que pour arriver
à l’athéisme… Mais, bien évidemment il y a beaucoup de juifs qui voient la chose complètement différemment. C’est aussi la complexité et la diversité de ce peuple, toujours en débat les uns avec
les autres et même avec dieu, qui me plait toujours. Aussi le fait qu’ils arrivent à se considérer malgré tout comme un peuple et leur quête majeure d’être libre, c’est-à-dire ni esclave, ni
maître. Bien sûr, je pense qu’en Israël-Palestine ça foire horriblement maintenant… Nous régressons, avec notre joli Etat d‘Israël. Mais je ne perds ni l’espoir ni l’amour… (ni dieu, ni maître,
ni ordre moral, ni état).



le passager 23/12/2009 08:34


 Du calme mesdames, DU CALME ! la chasse à la baleine rose est interdite par les conventionss de Genêve,
surtout quand elle est nue ( donc en état de faiblesse ) et ce dans un périmètre qui va des monts d'Arrée au mont d'Arrée


Petra 23/12/2009 14:39


Hihihihi, nous avons donc bien réussi à te filer la trouille, hein ?! Pauvre petit passager ! Ce n'était que pour rire... enfin, je parle pour moi. Quant à Saadou, je ne sais pas vraiment ce
qu'elle mijote dans son potage magique, elle...


saadou 22/12/2009 20:13


joli ton poème petra!!!
et salut à toi petit gars! quand tu es nu aux monts d'arées, petra et moi on arrivera!


Petra 22/12/2009 22:29


Absolument !